21 mars 2009

Per aspera ad astra

On n’écrira jamais assez sur ce qui ne s’écrit pas.
On n’articulera jamais assez tous les silences, tous les entractes, tous ces opéras lacunaires qui résonnent dans nos palais vides.
Ta nuque renversée vers le Troisième Hémisphère et ces lèvres entrouvertes en disent long sur l’éclosion de la rose.
Une licence silencieuse, un silence si licencieux ; une vacuité qui n’a besoin d’aucune parole et d’aucun trait de plume pour écarter les eaux ou rassembler les corps.


L’émotion séduit sans ne jamais se donner de forme, elle échappe à toute règle d’orthographe, de syntaxe, ou plus généralement de langue.
Dites « Je t’aime » et regrettez-le aussitôt.
Mais, montrez-le. Mains pour lettres, la sueur encre une page de chair ;
traduisez le certain dans la langue du postulat pur.
Conjuguez l’âme au pluriel des anges.
Et pour cause, l’émotion n’existe pas dans les mots, elle est volupté insolente et défi.
Elle est comme ces femmes qui bercent sans mesure et tuent sans armes.


L’émotion fait sienne tous les jeux d’ombres : d’alcôves sombres en nuits de brume, elle avance à pas feutrés vers la genèse du monde.
Elle est pudeur, elle est suggestion sensible, et comme elle n’est qu’avatar, elle ne se consomme pas.
Pourvu qu’on la suive, mais quel périlleux voyage !
Comme ça tangue sous ta langue, et comme tes côtes sont si proches mais si lointaines à la fois !
Et comme on ne possède rien, au fond.


Mais qu’est-ce que la distance ?
Le cœur met à mal tout principe de géographie : l’amour est ubiquité et s’incarne en tout ce qui caresse au lieu de blesser.
Et quand bien même les vents ne seraient pas propices, j’avancerai vers l’horizon et ton corps tout entier me retiendra par la main.
Voit comme le Moi prend le large ! Ses gestes gauches de gosse un peu naïf.
Et comme ses épaules porteront bientôt sur elles toute la pesanteur du monde, sur un frais tatouage de gouache.


En attendant la levée des cœurs, ruisseler sur tes lèvres et s’écouler sous tes doigts. Pardonne mon geste sans adresse, et la légèreté de mes rimes.

Et souviens-toi de moi, qui ne suis ni marin, ni poète.
Mais qui, à la faveur d’une éclipse, s’improvisa Voyou, Voyageur et Voyant.


Je n’y arriverai pas. Talulla, rêve avec moi.


Justine

1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Pourquoi ai-je laissé couler quelques larmes.Tes écrits sont prenants et suintes la sincérité, comme si l'on pouvait percevoir un morceau palpitant de ton coeur...

la Flibustière :
Mary Morgan

02 avril, 2009 14:55  

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